Une montre de cinéma peut reprendre un modèle du commerce, mais elle peut aussi naître entièrement des besoins d’un univers fictif. Pour Dune : Deuxième Partie, Hamilton a travaillé sur un dispositif de poignet surnommé Desert Watch. Il ne faut pas l’aborder comme une montre ordinaire simplement habillée aux couleurs du film : c’est d’abord un accessoire conçu pour le monde d’Arrakis.

Visuel de la collaboration Dune: Part Two : espace presse officiel Hamilton. Les droits sur le film et les éléments promotionnels appartiennent à leurs ayants droit respectifs.
Créer un objet qui semble appartenir aux Fremen
Dans un film comme celui de Denis Villeneuve, un accessoire doit s’intégrer à un monde complet. Les vêtements, les outils et les textures racontent déjà quelque chose sur les personnages avant qu’ils ne parlent. Un objet trop familier risquerait de ramener le spectateur à son propre quotidien ; un objet trop décoratif pourrait paraître inutile.
Le défi consiste donc à trouver une forme qui semble avoir une raison d’exister dans cet environnement. À mon sens, c’est cette crédibilité visuelle qui rend la Desert Watch intéressante. Elle invite à regarder le travail des accessoiristes plutôt qu’à chercher immédiatement une référence commerciale à acheter.
Ce que Hamilton explique de sa fabrication
Le communiqué officiel Hamilton du 12 février 2024 décrit une collaboration avec Denis Villeneuve et Doug Harlocker, responsable des accessoires du film. La marque précise que le projet devait s’affranchir des codes traditionnels de la montre. Les designers se sont appuyés sur l’univers de Frank Herbert et sur la vision du réalisateur pour créer un dispositif à l’identité Fremen.
Un détail est particulièrement révélateur : selon ce communiqué, l’équipe de Hamilton ne connaissait pas la fonction du dispositif lorsqu’elle travaillait sur son dessin. Il serait donc trompeur de lui attribuer, dans un article horloger, des capacités techniques précises que la source ne documente pas. L’objet appartient d’abord à la conception du film.
Ne pas confondre accessoire et montre inspirée
Les collaborations cinématographiques donnent parfois naissance à des éditions vendues au public. Cela ne veut pas dire que ces éditions sont les objets visibles sur le plateau. Pour Dune, la distinction est importante : une montre de collection inspirée de l’ambiance du film et la Desert Watch fictive ne constituent pas la même chose.
Cette différence permet de mieux apprécier le travail réalisé. Un objet de fiction peut être conçu pour sa silhouette, sa relation au costume et sa place dans un univers. Une montre commerciale répond à d’autres attentes, notamment la lecture de l’heure et le port au quotidien.
Une autre manière de regarder les montres au cinéma
La Desert Watch élargit ainsi notre sujet. Au lieu de demander seulement « quelle marque porte ce personnage ? », on peut demander « pourquoi cet objet ressemble-t-il à cela ? ». La réponse se trouve dans le dialogue entre le réalisateur, les accessoiristes et les designers.
C’est ce qui me plaît dans cette collaboration : elle montre que l’horlogerie peut contribuer à imaginer un monde, pas uniquement à habiller un acteur. Le dispositif de poignet devient une partie du langage visuel de Dune : Deuxième Partie, même lorsqu’on choisit de ne pas lui inventer une fiche technique terrestre.
Source et illustration : Hamilton — communiqué officiel Dune: Part Two.